QUAND LE PARDON SERT DE FUITE

Par le 16 juillet 2018

La tolérance est souvent valorisée dans notre société actuelle. Nous sommes appelés à tolérer les différences, à tolérer ce qui semble des erreurs de parcours, à tolérer des écarts de comportements. Et c’est très bien… la plupart du temps!

Car parfois une trop grande tolérance nous fait tolérer l’inacceptable trop longtemps, ou trop souvent. Ainsi, toute situation qui brime notre personne, qui manque de respect pour ce que nous sommes, qui est destructrice pour notre âme ou notre corps ne devrait pas être tolérée. Tout ce que nous tolérons au détriment de notre personne, n’a pas sa raison d’être.

La tolérance ne signifie pas que nous devions tolérer n’importe quoi et tout pardonner sur-le-champ. Parfois, nous nous hâtons de pardonner car il nous est trop douloureux d’affronter la réalité. Le pardon nous sert alors de fuite! En refusant de reconnaître la réalité telle qu’elle est, nous évitons de faire un apprentissage essentiel pour nous. Nous nous dépêchons de « pardonner » alors qu’en fait, il ne s’agit pas d’un pardon mais d’un évitement, celui de regarder la situation bien en face et d’agir pour apporter les changements qui feront en sorte que nous n’aurons plus à tolérer l’intolérable ou que nous aurons compris ce que nous devions apprendre de la situation.

Au lieu de cela, nous nous donnons bonne conscience en disant qu’il faut bien pardonner, que c’est ce qu’il faut faire, que nous ne voulons pas garder rancune, que l’autre souffre aussi, qu’il est fatigué ou qu’il a bien des soucis.

Ce n’est pas ça le pardon! Le pardon ce n’est pas tolérer n’importe quoi et ne pas en vouloir à l’autre! Le besoin de pardonner ne doit pas nous faire manquer de discernement. Nous devons nous protéger de ce qui nous fait du mal, de ce qui nous détruit et non rester dans une situation destructrice en disant que nous pardonnons tout! À ce moment-là, ce n’est pas un pardon : ce sont des excuses!

Des excuses pour ne pas avoir le courage de se tenir debout, pour ne pas faire face à ce qui doit être fait, pour ne pas mettre clairement ses limites, pour ne pas exprimer franchement ses demandes légitimes, pour ne pas poser les questions essentielles. Et surtout, des excuses pour ne pas changer ce qui nous fait souffrir, soit en quittant la situation, soit en la modifiant si nous en avons le pouvoir.

Le pardon viendra ensuite, lorsque nous serons à l’abri de ce qui nous détruit. Le pardon viendra alors sincèrement, du fond du cœur, lorsque nous comprendrons que nous avions besoin de cette expérience pour grandir un peu plus, pour apprendre à mieux nous aimer, pour apprendre à faire la distinction entre l’amour et la dépendance, entre la liberté et l’attachement. Et alors, pourrons-nous être reconnaissants du fait que cette expérience ait été mise sur notre chemin et que l’autre nous a permis, souvent à son insu, d’apprendre une grande leçon pour nous. Et alors, mais seulement alors, comprendrons-nous enfin qu’il n’y avait rien à pardonner, que tout avait sa raison d’être et que nous avons évolué grâce à cette situation.

D’ici là, gardons-nous d’utiliser le pardon comme une fuite de ce qui doit être soigné.

Pardonnons avec le cœur, pas avec la tête, ni pour satisfaire notre ego.

Diane Gagnon, Auteure, Conférencière, Coach, Animatrice, Consultante
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