PASSAGE FILLE FEMME

Par le 25 avril 2018

Être femme, passer de petite fille à la femme, c’est avant tout, accepter d’être traversée par ses premières lunes et par le sang de la vie.

Je suis partie à la découverte de mon essence féminine à la naissance de ma première fille. Cette descente dans ma chair et dans mon corps m’a conduite à me réapproprier ce que c’était qu’« être femme ». En effet, cette sensation qui aurait dû pourtant être naturelle, avait été bien enfouie au plus profond de moi, non seulement à cause de mon éducation et de ce que la société occidentale véhiculent, mais aussi de l’absence de rites de passage à des moments bien particuliers de la vie.

Quel paradoxe…!  Je suis née femme… Mais je me suis vite rendue compte que je ne savais pas ce que c’était «qu’être femme »…

Devenir mère, m’a amenée à « sentir » d’un coup, qu’il fallait que j’opère une descente dans ma vraie nature…  Et le plus drôle c’est que ce passage au statut de mère m’a poussée à vouloir réhabiliter une autre phase que j’avais « zappée » dans mon parcours, la phase de mes premières lunes. Ce passage de la petite fille à la femme, l’étape où l’on se connecte au sang de la vie.

Au moment de devenir mère, à l’instant même du passage de ma fille entre mes jambes, j’ai vu du sang qui coulait et cela a été comme une reconnexion à une dimension sacrée que j’avais oubliée. Je voyais ce sang comme si c’était la première fois.

Et j’ai immédiatement senti qu’auparavant, j’avais pris la mauvaise route. Il fallait donc que je retourne en arrière pour me réapproprier mon essence de femme.

J’ai alors senti que partir à la découverte de sa féminité, c’était avant tout réhabiliter cette phase primordiale de la puberté, cette phase où le sang coule pour la première fois.

Qu’en est-il en réalité de ce temps initiatique des menstruations ? A-t-il été vécu de façon positive ? A-t-il été accompagné de paroles éclairantes ? Y avait-il eu un rituel pour passer cette porte au combien importante ?

Dans ma famille, de ce moment  « il ne fallait pas en faire tout un plat »!

Je n’avais pas compris à quel point « ne pas faire tout un plat » de ce passage de la fille à la femme, m’avait conduite à nier toute ma féminité toute une partie de ma vie.

Pour certaines femmes, ce passage a été sûrement bien pire que le mien !

Je ne vais pas vous détailler ici ce que certaines femmes subissent, juste parce qu’elles saignent chaque mois. Car vous savez que depuis des siècles, les règles des femmes ont occasionné des attitudes de déni ; voire des attributs d’impureté et de souillure.

Comment alors bien vivre sa féminité alors même que notre inconscient reste teinté des regards négatifs portés sur la femme et sur ses menstruations ?

Alors oui ! Des menstruations, « il faut vraiment en faire tout un plat » et même toute une fête… tout un rituel pour marquer cette entrée dans le monde du féminin.

C’est pourquoi, lors de ce passage, j’ai invité chacune de mes filles au restaurant pour célébrer ce moment et je leur ai offert un œuf de Yoni, pour leur signifier la beauté de leur nature de femme.  Et c’est même bien plus que cela ! C’est aussi le mystère, le sacré, la puissance, la découverte de l’espace de la sensation… espace au combien riche et troublant qui nous connecte à la vibration du monde.

À la puberté, les règles nous donnent rendez-vous avec notre pouvoir de femme ! Celui de la connexion avec les cycles de la nature, avec les phases de vie et de mort et de renaissance. Elles nous ramènent à la perception de notre corps, de nos sensations et de l’énergie cosmique qui circule dans nos veines.  

La femme possède des qualités en lien avec les grands rythmes biologiques. Si elle y est connectée, elle sent le monde qui circule en elle… «Et ce n’est pas rien !!! »

« Il y a vraiment de quoi en faire tout un plat ! »

En la rendant réceptive et experte pour sonder son intériorité, en se connectant aux phases de son cycle, la femme a des prédispositions à ne pas craindre  le mystère du vivant !

Quand une femme parvient à honorer le temps de ses lunes, à célébrer la puissance de sa nature féminine, elle contacte du même coup sa fonction sacrée. Elle ne tente plus de retenir ce flux purificateur, bien au contraire, elle en comprend le sens profond.

Le sang teinté de couleur rouge, couleur de nos menstruations, couleur du monde du vivant, ce qui coule entre ses jambes, les reconnecte alors avec la puissance du monde du féminin.

 

Rouge : c’est la couleur du vivant.  

La couleur de la vie et du sang.

C’est la couleur du désir, et du vibrant.

C’est la couleur de la chair même…

Pourquoi cette couleur a-t-elle a été reléguée au rang du profane ?

Ce qui nous conduit à ce que notre Rose se fane ?

Pourquoi en a-t-on donc drapé le diable et les méchants?

Comme s’il y avait un péché à vivre pleinement et à être connecté au féminin et à notre sang!


N’est-ce pas pour cette raison que la terre est pleine de morts-vivants?

Déconnectée du monde de la sensation et du vibrant!

Ou remplie de gens qui ne vibrent plus parce que cela serait un péché que d’être vraiment conscient du monde du dedans!

Seul le monde de l’esprit aurait quelque chose de sacré ?
Nos corps devraient, eux, être laissés de côté ?

Le rouge est la couleur du chakra racine, logé sous notre sexe…

C’est aussi la couleur  du sang qui coule chaque mois et nous a reléguées au rang de pécheresse.

Comment voulez-vous avec tout ce poids et cette culpabilité que l’on nous a posée,

que l’on soit libre et fluide dans nos corps et parfaitement décomplexé ?

Comment voulez-vous que nous soyons pleins d’élans,

si ce qui est du ressort de la vie même est rangé dans le camp des méchants ?


Pourtant, cette couleur est sacrée, je peux vous l’assurer…
C’est la couleur du sang qui coule dans nos veines et qui apporte l’oxygène…
C’est la couleur des menstruations des femmes qui mettent au monde les enfants…


Le sang est à la source de la vie même.
L’oublier, c’est mourir!
Et moi j’appartiens au monde des vivants!

Il est temps que le sang soit considéré comme sacré, pour pouvoir s’y connecter, sans culpabilité.

 

Caroline Gauthier, « Au Nom du Corps »

Auteur du Roman initiatique à succès « Au Nom du Corps »

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À propos de Caroline Gauthier

2 commentaires

  1. Lynda

    25 avril 2018 at 5 h 54 min

    Wow! Merci Caroline.

    Tellement vibrant et remplit de force.J’adore ta façon de décrire cette étape qui en effet est souvent tabou.

  2. Marianne

    27 avril 2018 at 4 h 31 min

    Être femme de nos jours, c’est aussi lutter contre sa propre nature.

    Lutter contre la fécondation, sans relâche.
    Depuis les premières règles, où la petite enfant tombe violemment dans l’arène de la sexualité.
    Jusqu’aux dernières règles, annonciatrices de fin de vie.

    « Le sang est à la source de la vie même ».
    Au contraire, si le sang coule chaque mois, c’est pour nous rappeler que nous n’avons pas donné la vie. C’est la mort des ovules non fécondés.

    Nous subissons la loi de la nature, notre corps suit le destin pour lequel il a été créé, et peu lui importe ce que souhaite l’esprit.

    Je trouve cela très contradictoire que vous mettiez le « pouvoir féminin » en avant alors que vous offrez un œuf de Yoni à votre fille pour qu’elle apprenne à maitriser son corps, car par la même occasion, elle devra lutter CONTRE son corps pour ne pas tomber enceinte.

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