LE MENSONGE CHEZ LES ENFANTS

Par le 28 septembre 2014

Pourquoi mentent-ils? 

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La fabulationenfant-tannant-mensonge

Surtout chez les tout-petits, le mensonge est souvent davantage une manifestation de l’imaginaire enfantin qu’une réelle intention de vous « embobiner ». En effet, jusque vers l’âge de huit ou neuf ans, l’enfant ne fait pas toujours bien la différence entre l’imaginaire et le réel et il est souvent incapable de se mettre dans la peau de son interlocuteur, donc de bien saisir l’impact de ses mensonges. Il vous racontera alors des histoires abracadabrantes ou modifiera une histoire réelle afin de « l’améliorer » pour la rendre plus intéressante. Par exemple, Alexandre aura vu un copain tomber à la garderie et vous racontera qu’il est tombé dans un trou ÉNORME et que personne n’a réussi à le sortir de là! Le mensonge chez le jeune enfant prend donc plus souvent l’allure d’un jeu. Il vérifie, veut voir si vous découvrirez la vérité; il fabule et s’invente des histoires ou tente simplement de rendre le quotidien moins terne.

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La recherche d’attention

Certains jeunes découvrent vite l’avantage d’avoir des histoires intéressantes à raconter ou de vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire. Ils réciteront alors des histoires fictives, où il leur arrive mille et une péripéties pour capter l’attention de leurs amis. Ils tenteront de vous faire croire qu’ils sont victimes de sévices à l’école de façon à attirer votre pitié et votre indignation ou joueront les grands malades afin d’être câlinés, etc.

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Pour « sauver ses fesses! »

Le mensonge est souvent un mécanisme de protection lorsque l’enfant se sent attaqué. Il ment alors pour éviter d’être puni, de décevoir, de devoir écouter un « sermon », de se sentir coupable ou pour éviter de perdre la confiance de l’adulte. Il tente, parfois, de se désengager de ses fautes, de se déculpabiliser, de fuir ses responsabilités ou de ne pas assumer les conséquences de ses actes. « C’est pas ma faute! C’est lui qui… » « Tous les autres le font! »  « Ce n’est pas à moi! »

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Pour avoir la paix

Ils auront parfois tendance à mentir lorsque vous posez trop de questions, que vous les encadrez à l’excès ou que vous vous inquiétez pour rien (à leurs yeux…) C’est souvent le principe de «  ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal… » Ils vous mentiront alors pour se défaire d’une emprise trop étouffante.

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Pour passer le temps… 

Il peut le faire seulement pour le fun, pour s’amuser à vous mettre en colère, pour voir s’il va réussir à vous embobiner. C’est un jeu plutôt amusant.

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Pour l’adrénaline

Déjouer l’adulte, réussir à échapper à une contrainte ou à une conséquence peut déclencher un intense sentiment de puissance chez certains enfants qui risquent fort d’en apprécier les effets. En particulier, s’il a une faible estime personnelle ou s’il se sent vulnérable et « petit » par rapport à un adulte dominant.

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Par opposition

Dans ce cas, l’enfant ment par défi, pour vous faire réagir et parce que vous détestez ça! Les mensonges seront « gros » et évidents de façon à déclencher un affrontement.

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Parce qu’il a une faible estime de lui-même 

Il peut alors embellir la vérité pour se rendre intéressant et attirer l’attention, pour éviter de devoir faire face à ses erreurs ou encore s’inventer des maladies et des mélodrames pour attirer la pitié et l’amour.

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QUE DOIT-ON FAIRE?

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Minimisez les gains

 De façon générale, rappelez-vous que plus les mensonges sont « payants » plus ils risquent de se répéter. Ainsi, si votre coco cherche de l’attention, restez un peu froid devant ses propos; s’il cherche la confrontation, ne réagissez pas, etc.

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Insistez sur vos valeurs plutôt que sur le mensonge

S’il ment pour se déculpabiliser d’une erreur, n’insistez pas sur le mensonge et ne cherchez pas à prouver que vous aviez raison. Dites-lui clairement ce que vous croyez et ce que vous pensez de ses actes : « Tu dis que ces cigarettes ne sont pas à toi, mais je ne te crois pas. Je pense que tu as peur de ma réaction. Tu sais que je ne veux pas que tu fumes! » « Peu importe que ce soit toi qui aies commencé ou non! Je veux que tu te rappelles que c’est important pour moi de… » « Tu es assez vieux pour savoir ce qui est bien ou mal! Si tu juges que ce que font tes amis est mal, tu ne dois pas faire comme eux! »

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Faute avouée est à demi pardonnée…

Mentionnez-lui que vous comprenez que c’est parfois difficile de dire la vérité et que vous appréciez les gens courageux. « Je crois que tu as peur de me décevoir. Mais si tu me dis la vérité, tu pourras être fier de toi. » Soulignez son courage s’il dit la vérité et diminuez la conséquence.

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Dites-lui ce que vous croyez être la raison de son mensonge

« Je pense que tu as peur de ma réaction, de me décevoir… » «  Je pense que tu voudrais bien éviter de faire cette tâche » « Est-ce que ça se peut que tu sois fâché contre moi et que tu fasses ça pour me contrarier? » « Je pense que tu n’es pas fier de toi, hein? »

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Ne faites pas d’enquête…

N’attendez pas d’avoir des « preuves » pour être conséquent. Si vous êtes certain qu’il a menti ou qu’il a fait quelque chose de répréhensible, appliquez la conséquence prévue au risque de vous faire accuser d’être injuste! Privilégiez toutefois la réparation de ses gestes aux punitions vides de sens (ex. : s’excuser, rembourser un bris, rendre service à la personne lésée, etc.)

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Ne tendez jamais de piège

Par exemple, laisser traîner de l’argent pour voir s’il va le voler, lui demander comment ça s’est passé à l’école alors que son professeur vous a téléphoné pour vous aviser qu’il s’était battu. Évitez de le pousser à mentir (même lorsque vous savez qu’il a tort) en demandant : « As-tu fait ça? » Il répondra instinctivement : « Non! »

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Remettez en question vos réactions lorsqu’il commet une erreur

En effet, si vous réagissez excessivement ou punissez à l’excès. Par exemple, si vous avez une attitude accusatrice, sarcastique ou méprisante lorsqu’il commet des bévues (une bataille à l’école, par exemple), il peut devenir bien tentant pour l’enfant de mentir pour éviter cette situation. Ne le traitez jamais de menteur même s’il a menti (ni de quoi que ce soit d’autre non plus… voleur, égoïste, etc.).

Et vous, vous arrive-t-il de mentir à votre enfant?

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  Nancy Doyon

  Coach familial et éducatrice spécialisée
  Auteure, conférencière
  Présidente de SOS Nancy
  et de L’école de coaching familiale Nancy Doyon
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Pour lire mon article précédent: Les invasions barbares ou quand les ados envahissent notre salon

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Crédits photo: Jessica Lucia

À propos de Nancy Doyon

Coach familial Présidente de SOS Nancy Directrice de l'école de coaching familial Auteur, conférencière, chroniqueuseRetrouvez Nancy sur Facebook

4 commentaires

  1. Cedric Paulin Halenria

    30 septembre 2014 at 4 h 25 min

    L’avantage quand ils sont encore fort jeunes, c’est que c’est souvent plus simple de détecter ces mensonges. Avec mes enfants, le principe, c’est « Bêtise avouée, pas de punition. Bêtise cachée, punition assurée. »

  2. jacomet

    6 octobre 2014 at 2 h 08 min

    Je pense que l’essentiel a été oublié concernant le mensonge, je parle de son lien avec la construction de l’intimité de l’enfant.

  3. petit

    12 octobre 2014 at 8 h 10 min

    Merci pour les conseils que vous nous offrez. .

  4. Pingback: L'AFFIRMATION DE SOI CHEZ LES TOUT-PETITS - par Nancy Doyon pour La solution est en vous!

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