LE SOUFFRE DOULEUR

Par le 5 octobre 2015

Si, dans notre enfance, nous faisions partie de la catégorie des souffre-douleurs, il est fort probable que nous en portions encore les stigmates à l’heure actuelle.

Le souffre-douleur est souvent une « bonne personne » qui n’oserait pas faire de mal à une mouche, qui est presque toujours gentil, qui aime aider les autres et qui cherche constamment à faire plaisir et surtout à ne choquer personne.

C’est aussi trop souvent un être qui a une faible estime de lui-même, qui n’ose pas s’affirmer, de peur d’être rejeté, qui n’ose pas mettre ses limites, de peur de perdre l’approbation (fictive) des autres. Il ne veut ni déranger, ni faire de vagues, ni être le centre d’attention. Il veut seulement qu’on l’aime pour ce qu’il est : souvent un enfant fragile, un oiseau blessé, qu’on a rabaissé, humilié ou dénigré dans son environnement familial ou social, de manière ouverte ou occultée.

C’est cette vulnérabilité, cette sensibilité à l’autre qui le rend si attrayant pour tous les gros durs de ce monde qui ont besoin d’un plus petit que soi à écraser pour se valoriser.

Aujourd’hui, ce souffre-douleur est encore celui qui s’efface devant les autres, qui n’ose pas prendre sa place ni imposer ses limites, qui ne sait pas dire non. Cet ancrage en lui est si puissant qu’il s’est perdu de vue, tentant désespérément d’être aimé des autres, ou à tout le moins approuvé et reconnu.

Si nous sommes cet enfant blessé et souffre-douleur, il est plus que temps que nous reprenions notre propre pouvoir sur notre vie. Il est temps que nous cessions d’attendre l’approbation et la reconnaissance des autres et que nous commencions à nous les donner nous-mêmes.

Il est temps que nous apprenions à nous aimer suffisamment pour qu’enfin ce que l’autre pense de nous ne nous atteigne plus.

C’est en apprenant à prendre soin de nous chaque jour, en définissant clairement nos limites et en trouvant le courage de les faire connaître et respecter, en nous acceptant tels que nous sommes ici maintenant que nous cesserons d’être un souffre-douleur.

Et c’est surtout en cessant d’être nous-mêmes notre propre bourreau que nous cesserons d’être aussi notre propre souffre-douleur. Si nous sommes constamment exigeants envers nous-mêmes, si nous visons toujours la perfection, si nous ne nous permettons pas de repos ni de plaisir, ou si peu, ni de faiblesses, si nous nous en demandons toujours plus parce que nous avons l’impression que nous ne sommes jamais « assez », alors nous agissons en bourreau envers nous-mêmes.

Et si, plutôt, nous apprenions à nous traiter comme nous traiterions notre meilleure amie? Nous serions plus bienveillants, compréhensifs, patients, tolérants, aimants et consolants. Nous respecterions davantage nos limites et nos besoins.

Apprenons à être bons pour nous-mêmes, à mieux connaître nos besoins et à les exprimer, à mieux identifier nos limites et à les respecter, à nous aimer tels que nous sommes, sans jugements, sans comparaison, sans faux-fuyant.

Si nous nous aimons « assez », nous ne serons plus jamais le souffre-douleur de qui que ce soit.

Diane Gagnon

Mon livre, « Apprendre à s’aimer, un jour à la fois », No. 1 sur Amazon.ca en moins de 48 heures, est disponible aussi sur Amazon, iTunes, Kobo, Google Play, Createspace.

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14 commentaires

  1. Sandie

    5 octobre 2015 at 9 h 07 min

    Très beau message.
    Ce que nous nous disons intérieurement, nous ne le dirions jamais à un enfant.
    Nous nous battons contre nos propres pensées, parce que nous ne savons pas faire autrement. Nous croyons que ce que nous pensons est sérieux et veut dire quelque chose sur nous. Lorsque nous voyons la pensée pour ce qu’elle est vraiment et que nous nous rendons compte que nous avons cru nos pensées totalement innocemment, nous ne pouvons que ressentir de la compassion envers nous-mêmes.

  2. dalila

    5 octobre 2015 at 10 h 57 min

    je ne le suis plus et ça ma demander un grand effort et je m’améliore de plus en plus .

  3. Marie-Chantal

    6 octobre 2015 at 17 h 27 min

    Bonsoir et merci pour ce magnifique message, je suis cet enfant que vous décrivez et je dois dire que la correspondance est vraiment parfaite. Je sais que je dois prendre soin de moi mais je n’y arrive pas car mes deux enfants sont eux-mêmes des souffres-douleur et je cherche déjà à remédier à cela en priorité car ils ont leur vie devant eux. Je vous dis encore merci pour cela et j’ai hâte de vous lire à nouveau.
    je vous souhaite un très belle soirée.

  4. Jean - TRAIGUES

    10 octobre 2015 at 6 h 12 min

    Depuis mon milieu famillial , qu’il sagisse en famille des frére ou soeur , des cousins ou cousine , des oncles des tantes ….. la FAMILLE PLUS LE BEAU FRERE, ensuite la scolarité . (( de l’age de 5 ans a la maternelle a l’age de 16 ans mon certificat d’Aptitude Comptable , et de ma fin de scolarité sur le Marché du travail j’ai été regetté , UN SOUFFRE DOULEUR oui UN VERITABLE SOUFFRE DOULEUR DE LA VIE UN HOMME CUIT DE SA NAISSANCE A SON DERNIER JOUR, sa mort…. ce qui m’attends. )) vous allez raisonner et penser normal : (( CE TYPE IL SE FAIT DES IDEES PRETES PAS UN TYPE NORMAL SA SA EXISTE PAS …… )) et pourtant vous voyez a ma naissance j’ai eu (( DES CONVULSIONS QUI M’ONT PARALYSER LA PARTIE DROITE TOTALE…. SA S EST ARRANGER EN PARTIE….)) oui arranger en partie seulement car voyez vous des séquelles sont restées . De courtes crises d’épylepsie de vingt segondes a une minute maximun j’ai un traitement médical pour cela , des crises une ou deux par mois tout les trentes jours etc… et il s’avére qu’a l’école sur le marché du travail et le pire en FAMILLE pour ((( VOIR UNE OU DEUX CRISES D’EPILEPSIES DANS TRENTE JOURS D’UN MOI JE SUIS REGETTER PAR LA SOCIETE EN BLOC Y COMPRIS MA FAMILLE , il y avait deux personnes qui sont (( MON PERE MORT EN DEUX MILLES MA MERE MORTE AUSSI QUI ONT SU VIVRE A MES COTES SANS ME JETER )) j’ai un compagnon de vie ((( UN CHIEN QUI ME SUPPORTE TOUT LES JOURS.)) voila que pensez vous de sa ? Vos opinions , je suis a Pézenas 34120 Hérault ou je vie a 55 ans seul regetté avec un caniche de la S.P.A. j’ai pris un chien de la S.P.A CAR COMME MOI ILS SONT JETTER .MON ADRESSE : pam.jeanmarie34@outlook.fr

    • trochu

      15 juillet 2019 at 17 h 49 min

      Je comprends parfaitement ce que vous dites et vos ressentis pour voir été moi même le souffre douleur de ma famille, rejeté surtout par mère et ses deux filles qu’elle a toujours préféré à moi. Quant au fait que vous avez adopté un chien à la SPA, c’est formidable car tous ces malheureux animaux chiens ou chats sont DES ETRES VIVANTS autant que nous et comme nous, mais ils ne sont toujours pas assez considérés et respectés même en France, d’où tous ces abandons de la honte et de l’horreur. Moi aussi, comme vous je n’adopte que mes chats à la SPA de ma ville et le jour où je voudrais adopter un chien il viendra lui aussi de la SPA, je partage une complicité immense, une confiance absolue, et je suis toujours en totale osmose avec mes animaux que j’ai et j’aime toujours bien bien plus que ma propre famille de laquelle j’ai coupé pour me protéger. Sachez que les animaux sont DES ETRES VIVANTS très intelligents, ils ont des ressentis très puissants et une sensibilité très très développée sans parler des émotions, et le tout bien bien plus que la plupart des soit disant « humains » ! je préfère de loin être avec mes animaux qu’avec bien des humains………….

  5. fiston kasongo

    10 octobre 2015 at 18 h 06 min

    merci de m’avoir faire connaitre la capacitee de solution en moi-meme suis fiert de ce message.

  6. Preda

    12 octobre 2015 at 0 h 51 min

    J’ai été durant mon enfance ce souffre douleur, jusqu’au lycée. Que ce soit de mes parents ou de mon entourage a l’école.

    Cette période m’as transformé en une personne dénuée de toute compassion, quelqu’un qui se nourrit de la destruction psychologique et de la souffrance de l’autre. Cependant j’ai eu une très forte estime de moi même, et une ambition sans limites.

    J’ai besoin aujourd’hui de contrôler les gens. Cela m’as rendu certes beaucoup plus fort, j’ai conscience de ce que je suis et j’ai une estime très forte et indestructible pour moi même. J’ai développé un charisme qui me permet d’avoir les gens autour de moi a mes pieds mais je le sais que je les écrase sans qu’ils s’en rendent compte. Je les détruits, petit a petit. C’est insidieux car ces gens pensent voir la meilleure des personnes en nous côtoyant, ils sont sous notre emprise. Je les manipules sans scrupule pour servir mes interêts, allant même jusqu’à les monter les uns contre les autres, brisant amitiés, couples et liens familiaux.

    C’est pourquoi je suis complètement en désaccord avec votre article. Peut être que nous sommes devenu pour la plupart des monstres, mais nous sommes beaucoup plus fort que le commun des gens. Lorsque l’on forge une épée, elle ne ressemble a rien au départ et est inoffensive, mais a force de la battre et de la travailler, on peut obtenir la plus létale des lames. Il en est de même pour ces petits anges qui sont forgés par la manière forte dans leur enfance, ils deviennent extrêmement dangereux.
    Ces « bourreaux » sont aujourd’hui nos victimes.

    • Avel

      19 octobre 2016 at 11 h 55 min

      Dans ce que vous dites, RIEN est en votre faveur ! Il semble que vous êtes déshumanisé ….asocial…et- Cela parait si grave ! Je ne vous envie aucunement, car,vous êtes  » fier  » de votre état, qui n’est autre que pathologique. Il est possible, que, suite a des prises de conscience, ou de choses trés graves vous arrivant, que…..Vous changiez votre comportement .

    • veroni

      5 décembre 2016 at 3 h 20 min

      PAUVRE FOU si tu crois qu’on s’en rend pas compte et que tu te sens plus fort ainsi pour ma part je te trouve juste lâche petit et minable mais la roue tourne 🙂 bonne continuation dans ta vacherie

    • pascale

      1 mars 2018 at 8 h 58 min

      Bonjour, Votre fonctionnement ne révéle pas une grande estime de vous-mêmes. Vous avez simplement renversé la vapeur et vous étes « identifié à l’agresseur ». Pour sortir du rôle victime-souffre douleur, il faut retrouver une saine estime de soi, pas de l’EGO narcissisme. Vous fonctionnez toujours dans le rapport de FORCEs que vous avez seulement inversé. Mais vous détestez la vulnérabilité qui fait notre humanité. Le lien avec votre nature humaine profonde n’est pas réparé, vous vous méprisez en fait, sans doute même pas conscient. Je vous souhaite de trouver le chemin de votre vraie nature, l’amour de soi ! Dans les rapports de force, il y a toujours l’équation : Haine de l’autre = haine de soi ! Bonne route, ce n’est pas facile, mais quel bonheur quand on se libère de ce fardeau de désamour…

  7. Magalie backman

    12 octobre 2015 at 17 h 33 min

    S’il exitaient des gens heureux , ses personnes ne sont pas des gens civilises . La civilisation de ce monde n’a jamais prevue le bonheur de l’ame , tous ceux que font la science ne produisent aucun effet positif sur l’homme . De preference , ils forment un mirage sur le chemin du bonheur . L’homme , on dirait , qu’il n’est pas fait pour vivre dans ce spirale civilise mais pour etre des aventuriers comme les hommes de la prehistoire .. Pourquoi les pages de l’histoire ancienne reste encore plus captivante par leurs richesses de l’esprit ? Souvent , on parle de mythologie pour diminuer la force de leur vivacite. Pourquoi dans notre epoque , on a pas entendu un mythe nouveau ? Si nos corps gestes pouvaient etre moderne et nos esprits a la prehistoire seront nous capable de trouver le bonheur de l’ame que nous avons tant souhaites ? Toutes nos soufrances sont dues a notre facon de vivre .

  8. Celine

    15 février 2016 at 15 h 54 min

    Comme on parle beaucoup du harcèlement scolaire ou « bullying » depuis quelques temps, cet article vaut le coup d’être lu. Si les bourreaux ont un vrai problème, il n’en est pas moins que les victimes sont souvent les personnes qui se laissent déstabiliser, et se résignent, persuadés d’être une fourmi face à un mamouth. Ancienne victime, je suis aujourd’hui maman d’une fille de quatre ans. Je ne compte en rien laisser l’histoire se répéter. Chaque enfant devrait savoir qu’il n’a pas à donner tout ce qu’il a, à chaque fois qu’on le lui demande, qu’il a le droit de dire non.

    • pascale

      1 mars 2018 at 9 h 06 min

      Ancienne victime moi-même, j’ai dû m’éloigner de toute ma famille pour retrouver l’estime de moi. Je pense que les victimes TOUT COMME les bourreaux ont le même problème même s’ils ne jouent pas la même partition mais s’accordent mutuellement. Tous deux souffrent du même manque d’estime de soi. Plus on travaille à reconstruire cette estime de soi, plus on sort de ces fonctionnements malsains, relations de dépendance à l’autre,appris dans les liens d’enfance et que l’on rejoue…pour trouver la solution à « comment s’aimer »…je dirais que la victime, parce qu’elle souffre, peut s’en sortir car elle cherche une issue à sa souffrance. Malheureusement pour lui, le bourreau se rassure souvent à vie par sa « toute-puissance sur l’autre »…parfois réalise qu’il est passé à côté de sa vie au moment de mourir…tragique ! une vie de misère malgré ses illusions : on ne peut être heureux en faisant du mal aux autres !

  9. Fortier

    9 janvier 2019 at 22 h 10 min

    Je me découvre comme un souffre douleur. Comment m’en sortir?

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