UNE AUTRE FORME D’INTELLIGENCE À L’OEUVRE

Par le 13 décembre 2017
Mayur-gala

Nous sommes des êtres sensibles et instinctuels, dotés d’une conscience et d’un cerveau.

 

Là où la société aurait dû nous apprendre à marier ces différentes capacités qui nous composent, elle n’a mis l’accent que sur une seule caractéristique : la raison… érigeant cette dernière comme seul maître à bord.

 

Conséquence : toutes les belles sensibilités humaines ont disparu dans ce monde!

 

C’est cela pour moi être intelligent. C’est avoir autre chose qu’un QI, mais un corps « aware », des antennes ouvertes, un cœur ouvert… pas simplement une raison et un mental froid.

 

Quelqu’un d’intelligent a cette capacité de capter le monde à l’entour. Il est capable d’être touché par un arbre ou la beauté d’une fleur… pas seulement d’analyser des courbes et des graphiques.

 

L’intelligence pour moi, c’est aussi être le réceptacle de quelque chose de bien plus grand que soi, qui se trouve en dehors de la volonté mentale.

 

Mais vous imaginez aussi la problématique d’avoir une telle capacité. Pas de barrière et de protection entre soi et le monde et une réceptivité totale à son environnement. Tous les sens sont aux aguets. On peut en prendre  plein la figure…  

 

« Nos cœurs aux premiers jours de nos vies, sont encore tendres et novices,
Ils ne connaissent  pas la noirceur ni l’avarice,

Les caresses enfantines profondes,

Ne savent pas se protéger de toutes les épines du monde »

 

Mon histoire  parle de cela. J’avais petite, une nature différente de celle que la société voulait. J’avais des façons d’apprendre et de capter le monde, qui étaient différentes de ce que la société enseigne. Je ne correspondais pas à la norme établie. Je ne la comprenais même pas, comme beaucoup d’enfants aujourd’hui. Non pas que je n’en avais pas la capacité, mais parce que j’utilisais des canaux de perception que les autres autour de moi ne semblaient pas, eux, utiliser.

 

De fait, étant hors norme et très souvent jugée anormale, c’est-à-dire, en dehors de la norme, j’ai fait taire ces capacités pour correspondre à ce que l’on attendait de moi et pour être aimée.

 

J’ai construit un arbre qui n’était pas le mien, pour ne pas subir ce que beaucoup de HPE, HPI, Zebre, EIP subissent, EXTRA LUCIDE, EXTRA SENSIBLE subissent.

 

J’ai donc eu un doctorat d’économie. J’ai travaillé beaucoup et je me suis perdue, parce que je ne voulais pas être différente et que je voulais être aimée dans une famille de médecins. Mais, j’étais pas comme eux.

 

Mon entourage ne fonctionnant pas comme moi, j’ai fini par éteindre ma façon de faire, me sentant tellement différente.

 

J’ai donc construit un figuier alors que j’étais pomme…

 

Je suis revenue à un fonctionnement linéaire, à un cerveau mental, pour satisfaire la société, ma famille… J’ai étouffé toute ma sensibilité, ma créativité, mes intuitions, mes sens pour surinvestir mon cerveau.

 

Un potentiel intuitif, sensitif, qui capte tout alentour, c’est très violent pour lui de tomber dans cette société. Pour tous ces enfants qui sont hypersensibles, c’est très violent, car ils sont tous en ouverture. Alors que font-ils ces enfants là ? Ils ferment tout ( comme moi ), ou ils pètent un plomb (les hyperactifs), ou ils se marginalisent, ou on les gavent de médicaments pour les faire arrêter de bouger.

 

Moi, j’ai subi une immense crise pour me remettre dans ma nature. J’ai tout perdu…

 

Et aujourd’hui, j’écris des livres où l’héroïne parle aux arbres !!! (Roman Au Nom du Corps).

 

Mais quel parcours de peur pour en arriver là, de dépassement des peurs d’être raillée ou de paraître folle !!

 

J’ai eu tellement peur enfant qu’on me traite de folle !  Alors j’ai cherché à plaire non seulement à ma famille, mais aussi à essayer de comprendre en quoi eux étaient différents de moi.

 

Mais non, j’étais ni folle, ni stupide. Pourtant, enfant, être dans cette nature, c’est prendre le risque d’être jugée comme les fadas du village, les simplets, ou encore les fous auxquels on colle un entonnoir sur la tête. Cette intelligence particulièrement fine et sensible, impressionne et peut faire peur, ou renvoyer à certains, leur ignorance.

 

Ce qui est compliqué également, c’est qu’ils sont souvent multi tâches !!! Et donc, ne sont pas des experts. Ils créent souvent des ponts entre des éléments disparates ou des éléments qui ne fonctionnent pas ensemble !!!  Mais la société, elle, elle veut des experts.

 

Le cerveau des créatifs, intuitifs fonctionne en arborescence. Une idée en appelle une autre, qui en appelle une autre… Cela ne s’arrête jamais! Alors, ils peuvent paraître bizarres.

 

Mais il est temps que tous ces potentiels différents se réveillent, car leur sensibilité, le monde, en a bien besoin !!

 
CAROLINE GAUTHIER 

Auteur du Roman initiatique à succès « Au Nom du Corps »

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À propos de Caroline Gauthier

5 commentaires

  1. Nicky

    13 décembre 2017 at 6 h 40 min

    Bonjour. Merci pour cet article. Je viens de réaliser, en le lisant, que la personne avec laquelle je suis à certainement cette blessure. La prise de conscience m’aidera à mieux comprendre ses réactions et à nous aider à avancer ensemble.

  2. Karim de Se libérer soi-même

    14 décembre 2017 at 5 h 05 min

    Bonjour,

    Je me reconnais dans votre beau témoignage.

    Le sentiment d’être différent d’un côté, de l’autre la difficulté à comprendre le fonctionnement des autres, tout cela associé à de veines tentatives pour essayer rentrer dans ce moule.

    Heureusement, j’avais en même temps une forte indépendance et j’ai vite compris que cette différence était une richesse, même si on en souffre à certains moments.

    Être à l’écoute de soi et de sa vraie nature, pour la découvrir petit à petit et la laisser s’épanouir, est long mais tellement gratifiant quand on avance !!!

    Heureusement il existe de nombreuses aides extérieures (personnes inspirantes, pratiques spirituelles, méthodes thérapeutiques, etc.) et chacune d’entre-elles peut nous apporter quelque chose.

    Alors surtout n’hésitons pas à nous saisir de ces opportunités mais aussi à chercher celles qui vont nous faire franchir des caps!

    Karim

  3. Lucien

    17 décembre 2017 at 3 h 03 min

    Merci de ce témoignage Caroline.
    Je ne sais pas si des personnes naissent déjà avec un cerveau purement analytique. Je me demande si on n’est pas tous contraints pour avoir des raisonnements « logiques » cohérents » aux yeux de tous.
    En tous cas, rester créatif et être différent demande une grande force, bravo 🙂

    Lucien

    • Karim de Se libérer soi-même

      18 décembre 2017 at 4 h 44 min

      Bonjour,

      Je suis tombé sur votre question et j’aimerais apporter une petite contribution.

      La pensée analytique se développe progressivement au cours du développement de l’enfant et se finalise à l’adolescence. Une étape importante est franchie autour des 7 ans, avec un bon en avant des capacités d’abstraction. Cependant, la pensée intuitive (émotionnelle) précède la pensée analytique.

      Quant à la prépondérance (ou non) de la pensée analytique au regard de la pensée intuitive, elle est le résultat de l’interactions de nombreux facteurs.

      Les contextes sociaux, culturels et psychologiques dans lesquels évoluent chaque enfant ont l’air d’être déterminants.

      Il ne faut cependant pas négliger certaines prédispositions innées, notamment chez les personnes hypersensibles ou dites à « haut potentiel ».

      La plupart d’entre-nous naissons donc avec un large potentiel de développement en terme de pensée analytique et/ou intuitive.

      Bien à vous,
      Karim

  4. christine papageorgiou

    21 décembre 2017 at 17 h 57 min

    Merci Caroline vos textes font du bien a lire. Ils mettent des mots sur le petit malaise qu on ressent parfois a etre sensible et multi taches :o)

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