PROFITER D’HALLOWEEN POUR DÉDRAMATISER LES PEURS DES ENFANTS

Par le 30 octobre 2015

Halloween est un excellent moment afin d’aborder le thème des peurs avec nos enfants. En effet, cette fête nous permet à tous de d’apprivoiser nos petites et grandes frayeurs tout en s’amusant. Mais comment réagir quand nos enfants semblent effrayés? Noémie se relève tous les soirs plusieurs fois en disant qu’elle a peur du noir, des fantômes et des monstres. Antoine se met à hurler dès qu’il voit une araignée ou toute autre bestiole, Julien pleure et est effrayée par les chiens et commence aussi à fuir les chats et autres animaux, petits et gros. Que peut-on faire?

Qu’est-ce qui cause les peurs et phobies chez les enfants? Pourquoi certains enfants sont-ils plus anxieux que d’autres?

Il faut d’abord rappeler que la peur est un réflexe normal et sain puisqu’il permet à l’humain de fuir les situations qui pourraient mettre sa vie en péril. Ainsi, quand notre cerveau nous commande de reculer devant une araignée, c’est qu’il y voit le danger potentiel d’une mygale, quand on se « garde une petite gêne » devant un grand danois, c’est que notre cerveau sait qu’il pourrait ne faire qu’une bouchée de la main qui s’avance pour le caresser. La peur est donc un formidable outil de protection. Toutefois, certaines personnes ont un « détecteur de danger » un peu trop réactif. Un peu comme certains détecteurs de fumée qui se déclenchent à l’odeur de rôties trop cuite, certains cerveaux déclenchent tous les mécanismes de défense alors que la menace est bien minime.

Pourquoi certains enfants sont-ils plus craintifs que d’autres?

Trois aspects détermineront la personnalité de l’enfant et sa propension à l’anxiété :

  1. Le « kit de base », c’est-à-dire son tempérament qui lui est largement déterminé par la génétique de ses deux parents. Ainsi, chez les enfants anxieux ont trouve souvent un proche parent qui lui aussi a vécu ce type de problème.
  2. L’éducation, donc la façon dont les parents ont entouré l’enfant. Les parents surprotecteurs ou, à l’inverse, ceux qui sont négligents, ont davantage de risque de « fabriquer » un enfant anxieux.
  3. Les événements traumatisants ou les fréquents changements vécus par l’enfant qui pourraient avoir laissé des traces sur sa confiance en lui-même et en son entourage. Par exemple, un enfant qui aurait été exposé à trop de violence à la télé ou dans les jeux vidéos pourrait voir sont système d’alarme intérieur rester en vigilance constante.

Peurs les plus communes chez les petits et plus grands

  • Peur du noir,
  • Peur du vide, hauteurs, espaces clos,
  • Peurs « imaginaires » sorcières, monstres, esprits, etc.
  • Peurs des animaux : insectes, chiens et chats, serpents, souris et rats,
  • Peur de la mort, des maladies, de se faire mal (dentiste, piqures, tomber, etc.)
  • Peurs sociales (peur que les autres rient de moi)
  • Angoisse de séparation

Comment aider mon enfant à surmonter ses angoisses?

Faites attention à vos réactions : Est-ce que par votre réaction vous confirmez à votre enfant qu’il a raison d’avoir peur? Est-ce que vous avez vous-même des peurs? En effet, si vous hurlez à la vue d’une couleuvre, vous risquez fort d’induire à votre enfant que les reptiles sont dangereux. Est-ce que vous le surprotégez? Par exemple, si vous l’éloignez rapidement de ce qui l’effraie, si vous tuez la méchante araignée lorsqu’il hurle ou si vous demandez, en visite qu’on enferme le chien dont l’enfant a peur, vous lui confirmez, en quelque sorte, que c’est effectivement dangereux et qu’il est vulnérable. De même, si vous passez votre temps à lui dire : « Attention! Tu vas tomber! », « Ne touche pas! Tu vas le briser! », vous lui renvoyez aussi une image de lui-même faible et dépendante de l’adulte. Quand on fait confiance à l’enfant, on l’aide à prendre confiance en lui et à se sentir en sécurité dans le monde. Ainsi il sera important de se montrer empathique envers l’enfant sans ridiculiser sa peur mais sans dramatiser non plus. « Ha oui? La décoration de sorcière chez la voisine te fait peur? Oui, tu as raison, elle est très laide en effet… Les décorations d’halloween ça fait un peu peur, hein? Vien on va aller la voir de plus près! Tu ne veux pas? Pas grave, moi je veux aller la voir. C’est drôle d’avoir peur tu sais? »

Limitez l’exposition de l’enfant à des scènes de violence sans le surprotéger : Alors que dans certaines maisons, les jeunes jouent sans restriction à des jeux vidéo très violents et écoutent en boucle films d’horreur, de guerre ou de fusillades, certains parents, bien intentionnés, évitent d’exposer les enfants à toute image de violence ou scènes qui pourraient les perturber. Or, la vérité se trouve dans l’équilibre. Une trop grande exposition à la violence et à l’hémoglobine risque de fragiliser la confiance de l’enfant dans le monde qui l’entoure, alors que la surprotection risque d’amener une réaction disproportionnée chez lui lorsque, un jour, il sera inévitablement confronté à une scène d’agressivité ou effrayante. J’ai connu un enfant de huit ans qui courait se cacher dès qu’à la télé on voyait apparaitre une arme ou une sorcière.

Ainsi, pour Halloween, permettez-vous de raconter des histoires de gentilles sorcières et de drôle de fantômes aux tout petits, laissez les enfants de cinq à huit ans regarder des émissions avec un peu de suspense et quelques trucs qui font peur comme Scoubidou, les pré-adolescents aimeront se raconter des légendes effrayantes alors que les adolescents voudront regarder des films d’horreur. Veillez toutefois à respecter les âges prescrits sur les jeux, livres et films et à garder un certain contrôle afin d’éviter les excès.

Dissocier la peur de l’enfant-lui-même. La peur nous amène souvent dans un conflit interne. En effet, ce n’est généralement qu’une « partie » de l’enfant qui a peur, alors que peut-être une autre partie de lui est plus courageuse et lui souffle qu’il n’y a rien de dangereux. J’aime bien, en coaching, demander à l’enfant de dessiner la partie de lui qui a peur. Parfois ce n’est qu’un symbole, parfois c’est un bonhomme. On lui donne ensuite un nom, souvent rigolo, tel que Froussard, et on discute ensemble de sa personnalité, de ce qui lui fait peur. Ce faisant, cela permet de dédramatiser la peur et ce n’est alors plus l’enfant qui est peureux, mais une partie de lui. Il est alors pertinent de bien expliquer que Froussard a de bonnes intentions, il cherche à prévenir l’enfant de dangers potentiels, à le protéger. Mais le problème, c’est que Froussard exagère souvent et parfois il raconte carrément des mensonges. Il faudra alors que l’enfant apprenne à ne pas toujours le croire et parfois le rassurer. En passant par cette métaphore, on encourage donc l’enfant à développer un discours intérieur rassurant et à se rassurer lui-même.

Apprenez à votre enfant à ne pas « obéir à la peur ». En effet, quand quelque chose effraie l’enfant ou lui cause stress et anxiété, il aura généralement un réflexe d’évitement. Ainsi, l’enfant qui est timide, pourrait refuser d’aller à son cours de danse et ce, même s’il adore danser. Si on ramène l’enfant à la maison pour danser avec lui dans le salon, on laisse la peur diriger sa vie. De la même façon, à Halloween, plusieurs enfants refusent de faire la collecte de bonbons parce que les masques et les décorations leur font peur. Si on reste à la maison et qu’on lui achète des bonbons, on l’encourage à se priver d’activités très agréables pour lui. Plus on évite ce qui nous fait peur, plus la peur prend du pouvoir. Si on a utilisé la technique de la dissociation, on pourrait donc dire à l’enfant quelque chose comme : « Hum… Froussard ne veut pas que tu ailles à tes cours de danse. Il croit que les autres enfants sont dangereux et qu’ils vont tous rire de toi… Je crois qu’il se trompe, pas toi? Mais on ne va pas laisser Froussard t’empêcher de t’amuser à la danse, hein? Ce n’est pas lui qui décide n’est-ce pas? » Il vaudrait donc mieux accompagner l’enfant, un petit pas à la fois, afin qu’il confronte ce qui l’angoisse. Ainsi, on pourrait amener l’enfant timide au cours de danse et rester avec lui pendant quelques séances ou encore lui demander de ne participer qu’à 15 minutes du cours, puis 20 minutes, puis 30 minutes, etc. C’est ce qu’on appelle le processus de désensibilisation progressive.

Quoiqu’il en soit, rappelons-nous que les peurs sont normales et que le rôle de l’adulte est de fournir à l’enfant une présence rassurante, mais aussi de l’aider à les surmonter progressivement, de nourrir le « super héros » en lui afin qu’il construise sa force et la résilience dont il aura besoin pour affronter les défis de la vie adulte.

Nancy Doyon

Coach familial

Sosnancy.com

À propos de Nancy Doyon

Coach familial Présidente de SOS Nancy Directrice de l'école de coaching familial Auteur, conférencière, chroniqueuseRetrouvez Nancy sur Facebook

2 commentaires

  1. Melanie Champagne

    30 octobre 2015 at 9 h 55 min

    C’est dommage que le texte ne soit pas corrigé…
    Pour les idees c’est super mais il serait apprécié d’avoir un texte sans coquille.

  2. Laure Zanella

    2 novembre 2015 at 8 h 34 min

    Merci Nancy pour cet article précieux, aussi bien pour les grands que pour les petits 🙂 Il est vrai que sans le vouloir, nous avons bien souvent tendance à transmettre nos propres peurs à nos enfants, ou alors, à leur faire passer un message qui n’est pas toujours le bon, ou en tout cas le plus constructif pour eux et leur équilibre. Remettre en douceur les choses à leur place et aller se confronter à sa peur permet de ne pas tomber dans le piège de l’enfermement sur soi où nous devenons notre propre ennemi, et il y a alors tellement de joie à récolter (autant que de bonbons à Halloween !)

    Belle journée à vous et à tous qui passez par là.
    Laure

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