ODE À LA BLESSURE

Par le 7 septembre 2017

On entend beaucoup dire dans le développement personnel qu’il faut aller vers la lumière, penser positif ou encore connaître l’éveil. Pour ma part je pense que l’univers est constitué d’ombre et de lumière, d’une polarité positive et d’une polarité négative, d’un jour et d’une nuit. Il y a toujours deux faces à une médaille.

C’est pourquoi aujourd’hui j’ai envie de parler de la blessure, de cette mal-aimée, de cette faille que nous avons tous en nous mais que nous fuyons, que nous masquons, que nous renions.

Il est facile d’aimer tout ce qui est lumineux mais si l’enjeu pour nous était plutôt d’avoir cette capacité à embrasser nos failles, à regarder nos blessures en face au lieu de vouloir les éradiquer sous prétexte qu’elles ne seraient pas aimables ?

Se protéger de ce qu’il y a de plus obscur en nous, c’est développer des stratégies qui nous éloignent de notre authenticité humaine et de la conscience de ce que nous sommes vraiment. Cela nous éloigne de notre mouvement vivant.

On ne fait pas pousser d’arbre magnifique sans compost, sans vers de terre qui grouillent sous ses pieds. Il faut savoir aller sous terre pour grimper vers la lumière. Les voutes célestes de nos églises, n’existent que parce qu’elles reposent sur des cryptes.

Les arbres majestueux ne sont-ils pas ceux qui ont les racines les plus profondes ?

Nous ne pouvons pas devenir lumineux si nous ne transmutons pas d’abord nos ombres et nos failles, si nous ne sommes pas capables de les regarder en face.

Et ce n’est pas dans la lutte que l’on se transforme mais bel et bien dans la conscience et l’amour de toutes les parts qui nous composent.

Et je dirai même plus : c’est dans notre plus grande épreuve que nous trouverons notre plus grande pépite si nous trouvons les moyens de transmuter ou de transmuter cette épreuve. Là est tout l’art de l’Alchimiste.

Voilà un petit poème en l’honneur de la blessure ( en texte et en voix )

 

La blessure est un lieu que tu fuis depuis toujours.

Une bête immonde à qui tu refuses l’amour.

Tout autour d’elle tu as érigé de grosses armures.

Préférant pour la masquer t’envelopper dans de belles parures.

 

Toute ta vie, tu n’as pas voulu la regarder.

Tu la masques et tournes autour sans jamais l’embrasser.

 

Pourtant, elle te lancine, même si tu ne sais plus trop pourquoi.

Elle te cause toujours beaucoup de tracas et d’émois.

Et tu montes des stratégies de défense pour l’éviter.

Tu hurles, tu fuis ou tu te soumets.

Pour éviter d’enfin la regarder.

 

Pourtant tu veux t’en libérer et faire tomber tes armures,

Mais sais-tu qu’il n’y a pas d’autres choix que de passer à travers la fissure de ta blessure ?

 

Car si elle n’est pas vue et sentie.

Elle t’aspirera dans son vortex infini.

 

Tout le monde a dans son intime quelque chose de douloureux.

Et on nous a appris qu’il faut le masquer et le renier pour vivre heureux

Mais plus tu nies ce qui fait mal et plus tu fais le sourd,

Plus ce mal se fera lourd.

 

Ton gardien t’empêche d’approcher le dragon

Pensant que c’est la seule façon pour que tu restes un gai luron.

 

Et un conflit en toi s’installe entre ta surface et le fond de ton être.

Entre le joli masque que tu montres et la profondeur de ton mal-être.

 

Quelle est cette blessure avec laquelle tu joues à cache-cache ?

 

Pourtant sans elle tu es incomplet et sans saveur.

Car c’est grâce à elle que tu trouveras ta lueur.

 

Une graine nait dans les profondeurs,

Dans l’antre de la terre et sa noirceur.

Elle trempe dans les marécages et se nourrit des cadavres de la nature.

Elle puise dans la nappe phréatique sa nourriture.

Si tu ne sais pas aller dans tes profondeurs

Tu seras exsangue et sans cœur.

 

Il est temps de planter ta conscience dans ce marécage de peurs.

Il est temps d’embrasser tes émotions lourdes et tes pleurs.

Mets ton soleil sur cette nappe d’eau et de terre.

Fais alliance entre la plus pure de tes lumières avec la plus noire de tes misères.

 

Car tu es avant tout un être sensible.

Si tu refuses tes cicatrices, tu deviens une machine.

 

Sentir l’épine de ta blessure te permet d’accéder à ton âme ;

Car c’est la sensation, le senti qui te relie à ton âme et à sa flamme.

La sensation est le réceptacle qui accueille le divin et le sacré.

Chacune de tes blessures que tu embrasses et que tu ne fuis plus

Peut te ramener dans le berceau de la connexion à ton âme que tu avais perdue.

 

CAROLINE GAUTHIER

Auteur du Roman initiatique à succès « Au Nom du Corps »

Formation en Ligne «  Vivre sa Nature »

Pour plus d’articles: www.aunomducorps.fr

D’autres textes en vidéo sur YouTube « Au Nom du Corps »

À propos de Caroline Gauthier

2 commentaires

  1. Sam de Guerrier Pacifique

    7 septembre 2017 at 1 h 56 min

    C’est dans l’adversité que se révèle notre vraie personnalité ! Accepter les obstacles et les « mauvais moments » est indispensable pour ne pas avoir à constamment ruminer le passé. Être focalisé sur le passé c’est être dépressif, être focalisé sur l’avenir c’est (souvent) être anxieux.

    Pour finir j’aimerai citer le célèbre poème de rudyard kipling « Si ».

    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d’un mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
    Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaitre,
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
    Penser sans n’être qu’un penseur ;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
    Tu seras un homme, mon fils.

  2. Karim

    11 septembre 2017 at 4 h 55 min

    Bonjour et merci pour votre article ainsi que ce poème très complet !

    Pour faire face à certaines blessures ou parties noirs de moi-même, j’utilise un petit truc.

    Je me demande :
    Qu’est-ce que cette blessure m’a permis de développer comme ressources ou qualités? Ou en quoi est-ce que cet aspect de moi-même peut-il avoir un aspect positif ou un rôle positif pour moi.

    Par exemple, si je suis très timide, j’ai certainement beaucoup développé ma capacité à être à l’écoute des autres, ce qui est une qualité, même si je souhaite être à l’avenir, moins timide.

    Une deuxième étape peut alors être de se demander, mais au fond de quoi est-ce que j’ai peur lorsque je reproduis ce comportement, cette attitude ou ce fonctionnement.

    C’est questions peuvent aider à prendre du recul et voir qu’au fond, tout comme vous le dite dans le poème, toute est faite de blanc et de noir, et que pour avancer il faut accepter de voir et de faire face aux deux aspects ;-).

    Karim
    se-liberer-soi-meme.com

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