LA COMPASSION POUR NOS COMPULSIONS

Par le 10 novembre 2016

Je vous fais un aveu : je suis accro au sucre.

Depuis que je peux m’en souvenir, j’ai toujours adoré les bonbons, les desserts, les chocolats, les pâtisseries, le miel, le sirop d’érable et toute autre substance édulcorée.

Il y a une part de plaisir sain dans cette attirance, mais il y a aussi une part de compulsion, d’addiction même ; plus je consomme de sucre, plus j’ai envie d’en manger. Plus mon corps en redemande, plus j’ai du mal à dire non aux envies et le cercle vicieux suit son cours.

Je finis par trop en manger, manger à outrance et au bout du compte ne plus y prendre de plaisir. Car après coup, je ne me sens pas bien physiquement et je ne me sens pas bien sur le plan émotif non plus; j’ai honte de moi et je me tape sur la tête pour les excès que je me dis que j’aurais pu – aurais dû – éviter.

À travers les années, j’ai entrepris différentes démarches pour mieux comprendre et transformer ce phénomène. Le processus s’est fait en plusieurs étapes.

Tout d’abord, il y avait la prise de conscience de ma dépendance au sucre et de son effet néfaste sur moi. Car bien franchement, pendant bien des années j’étais dans le déni total et ne voulais pas regarder le sujet en face. Et sans la conscience du problème, une transformation est très difficile.

Ensuite, il y avait les premiers essais d’arrêter de consommer du sucre. Possédant une bonne dose de détermination, j’étais capable de tenir le coup pendant de longues périodes. Mais immanquablement, tôt ou tard je retombais dans mes vieilles habitudes, surtout dans des périodes de stress ou de grande émotivité.

Mais un jour, j’ai fait une découverte qui a changé tout pour moi. J’ai compris, en fait, la racine de cette compulsion :

Vers l’âge de 9 ans, ma mère est tombée gravement malade. Malgré les traitements et les opérations qu’elle a subis, elle est décédée quelques semaines avant mes 11 ans.

Il était bien évidemment extrêmement difficile pour moi d’être témoin de la maladie et de la souffrance de ma mère, et surtout de sentir qu’elle était de moins en moins présente dans ma vie. La fondation même de ma vie s’ébranlait et j’avais besoin de réconfort. J’avais aussi besoin de fuir un trop-plein d’émotions difficiles.

Le sucre est devenu mon allié fidèle. Je me vois encore prendre mon vélo et descendre la côte pour aller au « corner shop » (le magasin du quartier) et dépenser la totalité de mon argent de poche chaque semaine en sucreries. Ensuite, je me gavais de bonbon après bonbon, jusqu’à tout finir.

L’apaisement et le réconfort étaient éphémères, mais c’était déjà cela. Et à vrai dire, ce fut le seul moyen que j’avais trouvé à 9 ans de rendre cette période douloureuse supportable.

Ensuite ce qui devait arriver arriva, et cette façon de faire face aux périodes de stress et de grande émotivité s’est ancrée en moi, profondément et complètement inconsciemment. Le sucre est resté une béquille de réconfort et d’évitement d’émotions difficiles des années plus tard.

Mais pourquoi je vous raconte cette histoire?

Pour vous parler de l’importance de la compassion face aux habitudes et comportements dont nous ne sommes pas fiers et qui sont difficiles à transformer.

Car quand j’ai enfin compris pourquoi j’avais tant de mal à gérer ma consommation de sucre en tant qu’adulte, j’ai eu une poussée énorme de compassion pour la petite fille qui perdait sa maman, s’accrochant au sucre comme à une bouée de sauvetage dans une mer agitée.

Il était difficile, par la suite, d’être aussi intransigeante avec moi-même quand il était question de sucre. Je me reprochais moins les excès, les relativisant avec ce nouvel ajout de compassion.

Et cette nouvelle attitude vis-à-vis de moi-même m’a permis de voir plus loin que l’autocritique; j’ai pu graduellement trouver et intégrer d’autres stratégies pour prendre soin de moi et de mes besoins en temps de stress et d’émotivité.

C’était un dénouement assez magique pour moi qui a contribué à un rapport avec le sucre nettement amélioré et j’en suis ravie.

La compassion adoucit, en fait; elle ramollit et ouvre le cœur. Ensuite, arrivent tout naturellement une lecture plus bienveillante de la situation et d’autres portes d’issue.

Une attitude négative envers soi-même, en revanche, nous met en opposition avec ce qui est là et empêche une transformation en profondeur.

Ce qui m’amène à vous… Avez-vous une compulsion ou une addiction que vous aimeriez transformer? Si oui, est-ce que cela vous arrive d’être dur avec vous-même ou d’en avoir honte?

Si vous cherchez un peu, vous trouverez peut-être une deuxième lecture de votre comportement et/ou de ses origines qui éveille l’ingrédient magique de la compassion. Et de là vous pourrez cheminer autrement, laissant un cœur plus ouvert vous guider vers de nouvelles solutions ou transformations.

Je vous le souhaite de tout cœur.

Bien chaleureusement,

Minnie Richardson
Vecteur de conscience
Coach de vie et Praticienne en travail rituel

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D’origine britannique, Minnie a fait sa vie au Québec depuis l’an 2000 et vit actuellement l’aventure d’un an dans le sud de la France avec sa famille. Coach de vie certifiée et Praticienne en travail rituel, elle a mis au point les « 5 principes de réussite de la Conscience en soi », transmis par ses puissants programmes web et ses coachings intuitifs. Depuis 10 ans maintenant, Minnie se met au service principalement des femmes souhaitant créer et vivre des vies remplies d’intégrité, de sens et de joie.

 

 

 

 

6 commentaires

  1. Ogier DOLLÉ

    12 novembre 2016 at 4 h 46 min

    Merci pour cet article qui amène à la réflexion de soi.

    • Minnie Richardson

      14 novembre 2016 at 6 h 17 min

      Cela me fait grand plaisir Ogier! Et vous pouvez trouver d’autres articles et vidéos qui invitent à une introspection et à une connaissance de soi en vous inscrivant à mon info-lettre ici: http://eepurl.com/bBRpQ9

      Bien chaleureusement,

      Minnie Richardson
      Vecteur de conscience
      Coach de vie et Praticienne en travail rituel
      La Conscience en soi
      FB: laconscienceensoi

  2. sylvain

    12 novembre 2016 at 7 h 51 min

    Pour resumer, il faut accepter de rester humain avec soi meme !

  3. Minnie Richardson

    14 novembre 2016 at 6 h 18 min

    Ah oui, tellement, Sylvain – rester humain avec soi-même est une clé! 🙂

    Bien chaleureusement,

    Minnie Richardson
    Vecteur de conscience
    Coach de vie et Praticienne en travail rituel
    laconscienceensoi.com
    FB: laconscienceensoi

  4. françois

    9 janvier 2017 at 14 h 55 min

    merci Minnie
    accro aux sucreries depuis 80 ans(pourquoi?)j’ai beaucoup de compassion
    et plus envers TOUT le Monde,pas seulement les gentils, et cela me permet de VIVRE très heureux,surtout après de bonnes lectures
    amicalement
    François

    • Minnie Richardson

      3 février 2017 at 5 h 43 min

      Bonjour François,

      Merci pour ce message chaleureux qui me touche :-). Absolument, compassion envers tout le monde, comme vous dites. Car comme dit un dicton amérindien, on a besoin de marcher plus de deux mille milles dans les souliers de quelqu’un avant de comprendre le bagage qu’il transporte…

      Chaleureusement,

      Minnie

      Minnie Richardson
      Vecteur de conscience
      Coach de vie et Praticienne en travail rituel
      laconscienceensoi.com

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