ATTENTION ! JE SUIS UN EMPATHIQUE !

Par le 14 mars 2017
Rachael Crowe

Il faut savoir que ce qui caractérise un « empathique », c’est sa capacité à ressentir l’autre. Il a une aptitude inégalée à sentir quels sont les besoins des personnes qui se trouvent en face de lui, et à savoir y répondre. Ce qui est indéniablement une magnifique qualité.

 

Si on devait définir un empathique en quelques mots, voilà ce que l’on dirait de lui :

C’est quelqu’un pour qui les valeurs humaines sont extrêmement importantes. Et Dieu sait que le monde d’aujourd’hui en a besoin !

L’empathique est animé par une volonté sans pareille à vouloir faire plaisir, à vouloir créer un monde où le bien-être est érigé en valeur suprême.

Ce qu’il déteste par-dessus tout c’est le conflit et il œuvre en premier lieu pour créer de l’harmonie partout où il va. Il va toujours tenter d’apaiser les tensions, ou essayer de trouver une solution pacifiste par la communication.

 

En effet, il est essentiel pour lui de ne jamais heurter l’autre, de ne jamais le froisser. Car pour lui, lui-même et l’autre c’est pareil.

Sa capacité à être touché par l’autre, lui ôte toute velléité à vouloir blesser celui qui se trouve en face de lui … L’autre passera même souvent avant lui-même !

C’est une personne qui en général est posée, calme, douce et qui a une grande capacité d’écoute, puisque l’autre est sa priorité…

En fait, ce qui l’anime c’est : « rendre service »…

On trouve alors beaucoup d’ « Empathiques », dans les métiers où il faut aider les autres.

Il préfère les relations profondes, plutôt que les relations de surface…

 

MAIS !!! PARCE QU’IL Y A UN MAIS…

Toute lumière cache une ombre… L’univers est construit ainsi… Il y a un côté pile et un côté face ; Il y a le jour et la nuit, le soleil et la lune…

Quelle est l’ombre de l’empathique, qu’il aurait besoin de transcender pour gagner en puissance ? Quel est le comportement qui pourrait lui être préjudiciable ?

 

L’empathique peut se retrouver dans des situations qui peuvent lui causer du tort s’il ne fait pas attention…  J’en parle d’autant plus aisément que j’ai été dans ce cas longtemps… Jusqu’à ce que je comprenne que derrière la lumière de mon empathie, il y avait une ombre que j’avais besoin de travailler pour grandir, pour ne plus sombrer dans des travers qui me mettaient dans des situations hautement compliquées.

Si j’avais connu ces défauts plus tôt j’aurais peut être pu éviter d’en faire les frais !

Car oui, j’ai été notamment aux prises avec un pervers narcissique pendant 10 années… avant que je comprenne que mon empathie m’avait empêché d’y voir plus clair et qu’elle avait été en grande partie la cause de mon positionnement de victime.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que tous les empathiques ne sont pas en lien avec des pervers narcissiques, ou ne vivent pas toujours des situations inextricables… Je souhaite juste souligner que l’empathie peut conduire parfois à ce type de situation, s’il n’a pas la conscience de certains de ses travers …

 

Alors ? Quels sont ses ombres, ses défauts… ou ses travers???  Vous êtes prêts ?

TRRRRRRRRRRRRRRRR…..  Roulement de tambour…

 

IL A TENDANCE À S’OUBLIER ! Voilà son souci majeur… Et quelle va être la conséquence de cet oubli de soi ?

Il aura souvent tendance à s’épuiser, plutôt que de poser un « non » salutaire. Il aura tendance à dire « oui » alors qu’au fond de ses tripes il y a un « Non »…  Il sentira le « non » mais ne voudra pas le poser par peur de blesser l’autre. Ou alors il ne ressentira même pas ce refus, trop préoccupé par la personne qui est en face de lui.

 

Ben oui… Comme il ressent l’autre… Il capte les besoins de l’autre et ses émotions et il en arrive du coup oublier ses propres besoins ou ses propres émotions.

Il veut tellement être en lien avec l’autre et trouver l’harmonie, qu’il peut ne plus savoir ce qu’il ressent lui même !

Résultat : il ne sait plus trop ce qui est important pour lui, quand il est connecté à l’autre. Il n’arrive  plus à se sentir…

Donc, soit il fusionne et il est englouti, soit il s’isole pour se retrouver…

 

Son besoin est tellement que l’autre soit heureux, qu’il peut déserter sa propre Terre !

Et lui, il est où dans tout ça ?

En fait, l’empathique, comme je le disais plus haut, peut souvent être en état de fusion et il a du mal à délimiter ce qui provient de lui et ce qui provient de l’autre. C’est comme s’il n’y avait pas de « membrane » entre lui et l’autre…  Étant déconnecté de ses propres émotions quand il est avec quelqu’un, il ne sait plus très bien ce qu’il ressent lui-même et il devient incapable d’être en lien avec ses propres besoins. Cette capacité à être en fusion ou à être dans l’autre plutôt qu’en lui-même peut le conduire à des situations inextricables.

Il peut par exemple être une proie idéale pour tout abuseur ou autre pervers en tout genre… Il s’imagine que l’autre fonctionne comme lui et il n’imagine même pas que l’autre puisse le manipuler ou avoir de sombres desseins.

Pourquoi ?

Parce qu’il a une vision positive des gens et parce qu’étant centré sur la personne en face de lui, et souhaitant lui faire plaisir avant tout, toutes ses actions iront dans le sens du bonheur de l’autre et de la façon dont il pourra arriver à lui plaire et il ne verra rien d’autres que cela. Il cherchera toujours à s’améliorer plutôt qu’imaginer que l’autre le manipule.

Dans le cas de l’abuseur par exemple, ce dernier le capte et le sent et il vient alors le parasiter puisque l’empathique a tendance à se sacrifier pour rendre heureux.

De plus, comme l’empathique est souvent dans l’incapacité de sentir son propre corps, c’est à dire où se trouve sa limite puisqu’il ne ressent que ce qui se passe chez l’autre, il peut comme cela ne même plus sentir que la situation est violente pour lui-même.

Les autres peuvent alors en abuser à leur guise. L’empathique, même abusé, n’a plus qu’une seule et unique stratégie: essayer de tout faire pour faire plaisir et répondre au besoin de son abuseur, plutôt que de sentir sa limite !

 

Je ne dis pas ici que tous les empathiques seront victimes d’abuseurs en tout genre mais j’expose la pire des situations pour juste montrer que ne penser qu’à l’autre peut conduire peu à peu l’empathique à un oubli de lui-même qui peut se terminer par de la fatigue, un burnout, un manque d’entrain ou même pire !

 

Il est de la responsabilité de l’empathique d’intégrer cela pour ne plus être dans des situations qui lui portent préjudice !

Toute sa libération va passer par sa capacité à se sentir et à poser sa limite !  Mais il est extrêmement difficile pour une personne empathique de poser sa limite facilement. En effet, toute l’énergie de l’empathique est centrée sur l’autre et sur comment il pourrait faire pour créer un lien harmonieux. Il ne réfléchit uniquement qu’à ce qu’il pourrait faire pour ne pas heurter l’autre ou pour le rendre aimant, plutôt que de rentrer en lui-même. Il préfèrera parfois fuir plutôt que de dire qu’il n’est pas d’accord et il accumulera un tas de « non », de non-dits, qui pourront se retourner contre lui (colère rentrée) ou finir en une explosion un beau jour, sans crier gare.

Comme, il finit par oublier ses propres sensations internes, il ne ressent parfois plus du tout que tout hurle à l’intérieur !

 

Face à un abus de toutes sortes (trop de travail, sacrifice, lien abusif), il devrait pouvoir capter un : «  Non, là c’est trop !!! » mais il ne le sent pas. Il continue à vouloir répondre à ce que l’autre attend de lui ! Et sa quête d’harmonie, sa volonté de vouloir faire plaisir ou d’aider l’autre et son désir de ne pas heurter, lui font oublier que souvent il se blesse lui-même. Il finit par déserter son territoire, sa maison, ses sensations, ses besoins, son corps…

Peut être a-t-il même la croyance que s’occuper de soi, c’est être égoïste ? Peut-être n’a-t-il pas appris ce que c’est que de s’aimer ?

 

Si l’empathique a d’immenses qualités dont le monde a vraiment besoin, il a néanmoins une chose à apprendre : il a besoin d’apprendre à s’occuper de sa Terre pour ne pas se laisser engloutir par les eaux des autres. Pour sentir sa terre, l’empathique a souvent besoin de faire un bout de chemin seul pour enfin « SE SENTIR » et quand cette sensation deviendra enfin et réellement sienne, qu’elle sera suffisamment tangible, il pourra finalement entrer en lien avec l’autre sans s’oublier lui-même !

Et il y aura là le vivier de gens extraordinaires pour changer le monde car ce ceux sont eux les gens qui ont le plus de valeur et parce que ce sont eux qui veulent de l’harmonie et de la paix dont notre société a tant besoin.

 

Caroline Gauthier

Auteur du Roman initiatique à succès « Au Nom du Corps »

Formation en ligne «  Vivre sa Nature »

Blog : www.aunomducorps.fr

Page Facebook : «  Au Nom du Corps »

 

À propos de Caroline Gauthier

3 commentaires

  1. Alain Boisclair

    15 mars 2017 at 16 h 22 min

    Merci pour votre partage. C’est très intéressant.

    Voici comment je perçois et vie cela pour ma part: L’empathie c’est comprendre l’autre, le rejoindre dans son modèle du monde, sans toutefois vivre ses émotions. Tu me parle, je t’écoute et je te comprends. Tout cela se fait et se réalise dans la bienveillance. Un ne vas pas sans l’autre. Ensuite je prend conscience et j’introduit simultanément la notion de frontière. La frontière ce n’est pas seulement un ligne qui indique aux autres jusqu’ou il peuvent aller. Cela représente aussi l’espace ou moi je bouge librement et que je suis à l’aise. En PCI, on dispose une corde autour de soi pour bien visualiser celle-ci.

    On pourrait aussi faire l’analogie suivante: Demeurer dans sa fenêtre. Lorsque je suis trop vers la personne, « penché en avant » vers elle, je suis plutôt dans une expérience qui peut frôler la sympathie. Lorsque je suis trop vers l’arrière, lorsque je m’éloigne, je coupe la relation. Le défi est d’être bien déposé au centre dans son espace en ayant une frontière bien définie et conscientisé.

    La sympathie c’est ressentir et vivre les émotions de l’autre. Je ressens ta douleur, ta colère, ta peine et je la vie avec toi.

    Voilà comment je perçois tout ça. C’est parfois clair et parfois moins clair. Tout dépend des émotions qui se pointent! 😉

    Bonne Journée!

  2. lenord

    16 mars 2017 at 20 h 00 min

    merci pour cet article

  3. carmon

    22 mars 2017 at 12 h 18 min

    Victime d’un pervers narcissique également, je n’ai rien vu venir
    car pour moi il est inconcevable de manipuler l’autre!

    Aider l’autre, l’ecouter fait, effectivement, partie intégrante
    de nos personnalités donc c’est vrai que se connaitre, un temps soit peu
    et se proteger est primordiale.Comme vous, je parle en connaissance de cause ;-(

    Bien faire attention aux personnes toxiques est primordial car nous sommes des éponges émotionnelles et comme vous dites si bien; on ne se rend pas compte des choses au début….

    En ce qui me concerne, j’ai eu à faire à des personnes dites toxiques et je ne me rendais pas compte qu’elles me « pompaient » toute mon energie et je n’écoutais pas ma petite voix interieure…

    Alors aujourd’hui, lorsque je fais connaissance d’une personne; si je sens qu’elle a des soucis (car evidemment on est très à l’ecoute!) et bien, volontairement, je lui pose des questions pour savoir si je suis juste là pour qu’elle vide son sac j’avise en fonction des élèments car c’est vraiment usant!

    Il y a une autre chose qui nous caractérise vraiment, c’est le fait de ne pas etre dans le jugement, ça rassure beaucoup…

    Pour des personnes qui ne sont pas spécialement dans l’empathie, nous pouvons être perçues comme faible…
    Les pervers narcissiques qui sont de grands menteurs nés; se régalent quand ils détectent un profond altruisme alors ils se nourrissent de nos qualités, nous vampirisent et une fois que nous sommes à morfe, il se débarasse de nous pour se jeter sur une nouvelle proie pfff mais il y aura tant à dire…

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